Le paradoxe de la démocratie radicalisée La Génération Z face à la crise de la représentation

المجلة المغربية للعدالة الإنتقالية وحقوق الإنسان

 Revue Marocaine de la Justice Transitionnelle et des Droits de l’Homme (RMJTDH)

ملف الصحافة عدد: 13/2022 – الايداع القانوني: 2023PE0013–العدد (06) / يونيو 2026.

ملف العدد:

الفعل الاحتجاجي لجيل Z: المرجعية – السلوك- المطالب

L’Action Protestataire de la Génération Z : Référentiels, Pratiques et Revendications

 الناشر: المركز المغربي للعدالة الانتقالية ودراسة التقارير الدولية.

Le paradoxe de la démocratie radicalisée La Génération Z face à la crise de la représentation

The paradox of radicalized democracy Generation Z and the crisis of political representation

Mohammed Jaafar

Maître de conférences à la Faculté des Sciences juridiques,

économiques et sociales de Meknès,

Université Moulay Ismaïl

Résumé :

L’article interroge le paradoxe de la Génération Z : une cohorte marquée par une abstention électorale record mais affichant une politisation intense dans les espaces extra-institutionnels. Face à la crise du modèle de démocratie de délégation, cette étude cherche à comprendre si la défiance des acteurs socialisés dans l’univers numérique traduit une simple désaffection ou, au contraire, l’émergence d’un nouveau paradigme de souveraineté fondé sur l’horizontalité et la délibération permanente.

La recherche repose sur une approche qualitative comparative et une analyse de la littérature en théorie politique. Elle s’appuie sur l’observation des nouveaux répertoires d’action (activisme des écosystèmes numériques, coordinations sociales au Maroc, assemblées citoyennes mondiales) et sur l’analyse des discours numériques. Le cadre théorique, ancré dans les sciences politiques, mobilise la « contre-démocratie » de Pierre Rosanvallon et l’agir communicationnel d’Habermas, appliqués au contexte spécifique de la transition numérique au Maroc et dans le monde.

Les résultats indiquent que la Génération Z opère une « dé-hiérarchisation » du politique. La désertion des urnes et des partis ne signifie pas un retrait mais un déplacement de la légitimité vers des infrastructures substitutives. Au Maroc, cela se manifeste par la montée en puissance des « coordinations » thématiques et du militantisme numérique, perçus comme plus efficaces que l’intermédiation partisane.

L’étude révèle une aspiration profonde pour une « démocratie liquide » où le citoyen devient un moniteur constant de l’action publique.

La discussion souligne que l’État-nation est conduit à se transformer en « État-plateforme » pour survivre à cette crise de confiance. Si l’horizontalité offre une réactivité inédite, elle pose néanmoins le risque d’une souveraineté fragmentée et d’une difficulté à stabiliser des politiques publiques sur le temps long. L’article conclut que la réinvention du contrat social passera par l’intégration de mécanismes délibératifs directs dans l’architecture institutionnelle classique, afin de réconcilier le temps long de l’État avec l’immédiateté numérique de la nouvelle génération.

Mots-clés : Défiance, Démocratie liquide- Génération Z – Horizontalité – Maroc- Militantisme numérique- Sciences politiques.

Abstract:

This article examines the paradox of Generation Z: a cohort characterized by record-breaking electoral abstention yet displaying intense politicization in extra-institutional spaces. In light of the exhaustion of the delegated democracy model, this study seeks to determine whether the mistrust of digital natives reflects mere disaffection or, conversely, the emergence of a new paradigm of sovereignty rooted in horizontality and permanent deliberation.

The research is based on a comparative qualitative approach and a theoretical analysis of political science literature. It draws on observations of new repertoires of action—such as platform activism, social “coordinations” in Morocco, and global citizens’ assemblies—as well as digital discourse analysis. The theoretical framework mobilizes Pierre Rosanvallon’s “counter-democracy” and Habermas’s communicative action, applied to the specific context of digital transition in Morocco and globally.

The results indicate that Generation Z is operating a “de-hierarchization” of the political sphere. The desertion of ballot boxes and political parties does not signify a withdrawal, but a shift of legitimacy toward substitute infrastructures. In Morocco, this is manifested by the rise of thematic “coordinations” and digital activism, perceived as more effective than partisan intermediation. The study reveals a deep-seated aspiration for a “liquid democracy” where the citizen becomes a constant monitor of public action.

The discussion highlights that the nation-state is being compelled to evolve into a “platform-state” to survive this crisis of confidence. While horizontality offers unprecedented responsiveness, it nevertheless poses the risk of fragmented sovereignty and difficulty in stabilizing public policy over the long term. The article concludes that the reinvention of the social contract will necessarily require integrating direct deliberative mechanisms into classical institutional architecture, in order to reconcile the state’s “long time” (temps long) with the digital immediacy of the new generation.

Keywords: Institutional – Liquid Democracy – Generation Z – Horizontality – Morocco – Digital Activism – Political Science.

المجلة المغربية للعدالة الانتقالية وحقوق الانسان

مجلة علمية محكمة فصلية متخصصة في دراسات وأبحاث حول العدالة الانتقالية وحقوق الإنسان، تصدر عن المركز المغربي للعدالة الانتقالية ودراسة التقارير الدولية.

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